la marque au bridge : tactique et stratégie
2° partie : le tournoi par paires

la marque au bridge - le tournoi par paires

Le tournoi par paires est la forme de bridge la plus répandue aujourd’hui. Mais, malgré son nombre important de participants, bien peu sont au courant des principes de sa marque.

Vous êtes nombreux à vouloir gagner, mais comment gagner sans connaître les bases de la marque et des tactiques pour améliorer votre score ?

le top

En tournoi par paires, on ne s’occupe pas de la différence de points entre les différentes paires. Seule entre en ligne de compte la place acquise sur chaque donne : on classe les paires depuis celle qui a marqué le maximum de points, jusqu’à celle qui en a marqué le minimum.

Si les points sont marqués dans l’autre ligne, la première paire est celle qui a perdu le moins de points, celle dont les adversaires sont derniers. En effet, sur chaque donne, le total des pourcentages de la paire NS et de la paire EO fait toujours 100%.

conséquence

Le nombre de points marqué est secondaire. Ce qui compte est de marquer plus de points, ou perdre moins de points, que les autres joueurs ayant les mêmes cartes.

  • La différence de points ne compte pas, seul le rang compte. 10 points ou 3000 points de différence, le résultat est le même !
  • Mes adversaires ne sont pas à ma table. Mes adversaires sont les autres joueurs assis dans la même orientation et qui ont le même jeu que moi.

influence de la vulnérabilité en attaque

J’entends tous les jours des conversations entre joueurs : « Si j’avais été vert,… », « Oui, mais pas rouge,… ». Alors que la vulnérabilité n’a aucune importance en attaque.

Puisque mes adversaires sont les autres joueurs assis dans la même orientation, ils joueront la même donne avec la même vulnérabilité. Nous serons donc tous dans la même situation.

Puisqu’il n’y a aucune différence, les choses s’annulent et j’agis de la même manière quelque soit la vulnérabilité.

  • Lorsque je suis vulnérable, 4ou 4 correspondent à 10 levées.
  • Lorsque je suis non vulnérable, 4ou 4 correspondent à 10 levées.
  • Il me faut donc le même jeu pour jouer le même contrat, quelque soit la vulnérabilité.

influence de la vulnérabilité en défense

Cette fois, le problème va être entièrement différent.

Vous proposez de jouer un contrat qui chute, pour ne pas laisser jouer l’adversaire. Il faut donc savoir ce que vous risquez, et contre quel contrat.

Maintenant les vulnérabilités sont importantes.

Et le contrat adverse aussi va être important.

défense contre une partielle

Lorsque l’adversaire joue une partielle, il va marquer entre 90 et 170 points. Il n’y a pas de prime de manche.

Vous pouvez défendre, mais avec prudence. Il ne faut pas que les chutes lui rapporte plus que s’il avait joué.

Attention à ne pas lui donner 200 points (le « magic two hundred » des anglo-saxons.)

  • non vulnérable, vous pouvez chuter d’une levée sans problème, peut-être deux. Mais pas plus. L’adversaire n’a pas les moyens de contrer un petit contrat.
    Si vous chutez de trois, l’adversaire a de quoi contrer. La défense est beaucoup trop chère !
     
  • vulnérable, il ne faut pas vous emballer. Vous n’avez droit qu’à une seule levée de chute.
    La deuxième levée vous amènerait à 200 points. C’est toujours trop cher.

défense contre une manche

Contre les contrats plus élevés, une nouvelle notion fait son aparition : la vulnérabilité relative. Être ou non vulnérable ne m’importe pas. Ce qui est important c’est la comparaison des vulnérabilité entre les deux camps.

Il faut toujours penser que vous allez être contré, puisque vous défendez à un palier élevé.

  • à vulnérabilité favorable, c’est à dire que l’adversaire est vulnérable, alors que je ne le suis pas.
    L’adversaire ayant entre 600 et 620 points à gagner, j’ai droit à trois levées de chute (500.) Attention à la quatrième, vous leur donneriez 800 points. Beaucoup trop cher !
     
  • à égalité de vulnérabilité, c’est à dire tous ou personne, je n’ai droit qu’à deux levées de chute. Vulnérables : 500 contre 620 (ou 600.) Non vulnérables : 300 contre 420 (ou 400.)
     
  • à vulnérabilité défavorable, vulnérable contre non vulnérable, attention ! La marge est très faible puisque vous ne pouvez chuter que d’une. La deuxième levée vous ferait perdre 500 points contre 420 (ou 400.)
    Les défenses dans cette situation sont très risquées.

défense contre un chelem

Nous retrouvons le même principe que les défenses contre les manches : les vulnérabilités relatives.

  • favorable : Si l’adversaire joue son chelem, il va marquer 1430 points en majeure et 1370 en mineure. Ce qui me laisse beaucoup de place.
    • 5 de chute : 1100 points. Rentable contre une mineure.
    • 6 de chute : 1400 points. Rentable contre une majeure.

    C’est tellement facile que ce n’est même plus amusant !
     

  • égale : il faut retirer une levée pour compenser.
    • 4 de chute. Toujours rentable.
    • 5 de chute. Rentable uniquement contre une majeure et tous vulnérables.
       
  • défavorable : là encore, attention ! Les chutes chiffrent vite. Vous n’avez droit qu’à trois levées de chute.

Les points mentionnés ci-dessus ne concernent que les petits chelems. Nous pouvons oublier sans problème les défenses contre les grands chelems.

en résumé

Il ne faut pas avoir peur des vulnérabilités dans l’absolu.

  • En attaque, je ne m’occupe pas des vulnérabilités.
  • En défense, contre une partielle, ma vulnérabilité est importante.
  • En défense, contre une manche ou un chelem, seule la vulnérabilité relative est importante.

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A propos

Ancien joueur de compétition de 1ère série. Arbitre Fédéral et Maître-Assistant de la F.F.B. Il a arbitré pour différents clubs et comités de la FFB avant de prendre la direction technique et pédagogique d'ADELIE BRIDGE CLUB.

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12 commentaires sur “la marque au bridge : tactique et stratégie
2° partie : le tournoi par paires
  1. Considere dit :

    Bonjour ,
    J’ai du mal à comprendre comment on peut établir un classement Juste dans un tournois quand les joueurs ne jouent pas tous les mêmes donnes , ni contre les mêmes adversaires .
    Exemple un tournois de de 39 tables , la circulation de 2 donnes par table .
    Nous avons Joué 26 donnes , rencontré 13 paires adverses .
    Sur les 26 donnes ma paire a joué 14 donnes identiques à celles jouées par l’équipe gagnantes du tournois .
    Cette équipe gagnante a joué 12 donnes que nous n’avons ma paire n’a pas jouée et ma paire
    A joué 12 donnes que l’équipe gagnante n’a pas joué .
    De même sur 19 paires nous avons rencontrés 7 identiques ..
    Comment s’effectue le classement du tournois dans ce cas ?
    Merci pour votre réponse
    Bien cordialement

    • Alain dit :

      Bonjour,
      Ce que vous me racontez est perturbant pour un joueur, mais ne pose aucun problème.
      Vous avez joué 13 positions, chaque donne a donc 13 scores et vous obtenez un rang sur chaque donne. Vous obtenez un score entre 100% et 0% pour chaque donne. Votre résultat est la moyenne de toutes les donnes. Le principe du TPP d’attribuer une note en fonction du rang, sans s’occuper de la différence de points, fait qu’une donne de partielle ou une donne de chelem a le même poids et permet ce classement. Un tournoi en IMP, où la note provient de la différence de points marquée, ne permettrait pas ce classement.
      La seule chose importante pour le classement en TPP est la force des adversaires rencontrés. Si les lignes ont été équilibrées, il n’y a pas de problème.

      • Considere dit :

        Je vous remercie pour votre réponse, grace à vos explications je comprend le principe du TPP…il me reste un doute quant à l’équilibrage des lignes.
        Sachant aussi qu’en fonction de l’endroit de la salle ou nous commençons le tournois , nous avons + ou – de chances de rencontrer des 1 et 2 séries ou pas …
        encore merci pour toutes vos précieuses explications

        • Alain dit :

          Lors d’une compétition fédérale, les joueurs ont une place attribuée en fonction de leur classement. On classe les participants en fonction de leur force, puis on met le meilleur en NS1, puis EO1, EO5, NS5, NS9, EO9,… Lorsqu’on arrive à a dernière table du tournoi on remonte puis on redescend en suivant toujours ce serpentin pour attribuer toutes les places.
          Tout le monde joue donc contre des joueurs de force équivalentes.
          En club on ne fait pas ce genre de chose. Mme X est frileuse, on la met près du radiateur. Mr Y est très âgé, on le met en NS, etc.

  2. jean-Louis DREVON dit :

    Bonjour Monsieur,

    Pouvez vous m’indiquer comment expliquer à de jeunes joueurs les principales différences entre le tournoi en quadrette et le tournoi par paire et surtout les principales différences de comportement durant les séquences d’enchères.
    Par avance merci

    JL DREVON

    • Alain dit :

      Question difficile qui mériterait un article.
      Les voies de réflexions me semblent être la comparaison entre ce qu’on a à gagner et à perdre :
      – Pas de contre de partielles si on n’espère pas 3 levées de chute.
      – Demander plus facilement les manches vulnérables…
      Mais il faut complètement axer vos explications sur la notion de marque.

      • jean-Louis DREVON dit :

        Merci Monsieur pour ces précisions. J’ai ,en effet, insisté sur la notion de marque qui , à mon avis, n’est pas assez développée lors des cours donnés en s’appuyant sur le SEF ce qui fait que même au bout de 3 années les néo joueurs doivent toujours se référer aux cartons pour inscrire les scores alors qu’ils devraient y penser lors des enchères.
        Cordialement
        JL DREVON

  3. Jean-Paul BERNARD dit :

    Je ne comprends pas les points de classement pour les donnes jouées peu de fois. J’ai vu des donnes jouées 2 fois où les paires marquent 60 et 40 et non pas 100 et 0. Pour des donnes jouées 3 fois c’est 94.44, 50 et 5.56, et non 100, 50 et 0. Est-ce une subtilité de la marque, ou une erreur du logiciel que nous utilisons?

    • Alain dit :

      Premièrement, la marque par paire n’est pas adaptée à des tournois avec aussi peu de tables. Il est préférable de faire un tournoi en IMP.
      Pour répondre à votre question, ces écarts sont parfaitement normaux et proviennent de l’utilisation de la « formule de NEUBERG ». Je l’ai utilisée de nombreuses fois lorsqu’on faisait les comptes à la main mais, depuis le temps je l’ai oubliée ! Elle sert à pondérer des donnes qui n’ont pas le même nombre de scores que les autres. Par exemple : un relais, une marque ajustée,…
      Dans votre exemple (94,44/50/5,56,) le résultat est juste, la moyenne fait bien 50. Simplement cette donne provient d’un tournoi à 4 tables avec relais.

  4. DE LA SERRAZ dit :

    JE NE COMPRENDS PAS LA MARQUE.QUE VEUT IRE LE TOP??????un exemple svp

  5. jouglard dit :

    Bonjour,
    Merci,je comprends déjà mieux la vulnérabilité !
    Cordialement.
    Jouglard

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