hésitation

hésitation ou réflexion ?

Pour la rentrée, voila encore un sujet d’arbitrage sur lequel j’entends beaucoup de bêtises !

L’hésitation.

Nous allons donc faire le point sur ce point du code.

qu’est-ce qu’une hésitation ?

Une hésitation est un ralentissement non intentionnel de tempo, aussi bien au moment des enchères que du jeu de la carte.

Elle ne montre pas un temps long, mais plus long que les actions précédente du joueur en cause.

Une variation de tempo volontaire, faite dans le but de tromper l’adversaire est un autre sujet. Elle correspond à une volonter de tricher, alors qu’une variation non intentionnelle montre simplement un problème.

hésitation ou réflexion ?

Lorsque je suis appelé à la table, la plupart du temps l’adversaire me dit : « il (elle) a hésité… » alors que le joueur en cause me dit : « je n’ai pas hésité, je réfléchis ».

Quelle différence ?

Pour le joueur, réfléchir est plus intéressant (et plus gratifiant) que regarder les mouches voler, mais pour l’arbitre, cela ne fait aucune différence. C’est la variation du tempo qui compte, pas l’utilisation qu’on en fait.

conséquences de l’hésitation pour le partenaire

À partir du moment où l’hésitation est perceptible, le partenaire du joueur qui a hésité est absolument libre de faire ce qu’il veut. Il n’est en aucun cas privé de parole, il n’est pas non plus obligé de jouer d’une certaine manière,…

Sa seule obligation est de choisir son action en fonction de son jeu, sans tenir compte de l’hésitation. C’est la modification de son action pour prendre en compte l’hésitation qui est répréhensible.

après une hésitation

Vous signalez l’hésitation aux adversaires, de manière à bien la mettre en évidence et le jeu se poursuit normalement. L’arbitre n’a besoin d’être appelé qu’en cas de désaccord.

Vous ne pouvez, en aucun cas, priver l’adversaire de parole.

À la fin de la donne, à cartes ouvertes, vous regardez si le jeu est normal :

  • Si oui, pas de problème. La donne est scorée et on passe à la donne suivante.
  • Si non, vous appelez l’arbitre.

L’arbitre jugera alors si l’hésitation a ou non transmis une information illicite et s’il convient ou non de corriger la donne.

Je vous rappelle que l’hésitation ne donne pas lieu à une pénalité, mais éventuellement à une correction du contrat.

rappel pour les joueurs « terroristes »

Au club, si un joueur interdit ou oblige quelque action que ce soit à un adversaire, il sera systématiquement pénalisé.

Seul l’arbitre a autorité pour l’application du code.

Donc, fautif ou non fautif, soit vous m’appelez soit vous laissez jouer sans pénalité.

 

 

source : code international – lois 12, 16B, 73A

A propos

Ancien joueur de compétition de 1ère série. Arbitre Fédéral et Maître-Assistant de la F.F.B. Il a arbitré pour différents clubs et comités de la FFB avant de prendre la direction technique et pédagogique d'ADELIE BRIDGE CLUB.

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4 commentaires sur “hésitation
  1. Quousque dit :

    Bonjour,
    L’expression « joueur terroriste » est plaisante sur le papier, mais correspond à une catégorie de joueurs très déplaisante à la table ! J’en connais deux qui terrifient même l’arbitre et que l’on préfère ignorer pour éviter de perturber plusieurs joueurs, voire toute une salle, et un tournoi entier avec esclandre, hausse de ton, et échanges de noms d’oiseaux !
    Que faire, docteur … ?

  2. ArcyKen dit :

    Le problème c’est le niveau de l’arbitrage. J’ai eu un cas récemment où je réveille vert à 2c (en marque par paire bien sûr) avec six cœurs mais 3 pts. L’arbitre et ses collègues soutiennent mordicus que personne ne réveille dans ces conditions et que j’ai tenu compte de la longue réflexion de mon partenaire. Personnellement, je trouve ce réveil évident. J’ai montré à un fort première série qui m’a confirmé réveil évident mais (dit-il) les arbitres sont nuls. Que faire ? Ce problème est beaucoup plus fréquent qu’on ne pense.

    • Alain dit :

      Désolé du temps de réponse, mais la question s’est trouvée bloquée par le filtre antispam.

      Pour moi le réveil est évident, même vulnérable, puisque vous avez une couleur sixième.

      Le problème en compétition fédérale est très simple, on fait appel et la donne n’est plus jugée par l’arbitre mais par une assemblée des meilleurs joueurs du tournois.
      En club, le problème est un peu plus délicat: convaincre l’arbitre en lui expliquant que si l’adversaire est arrêté à un petit palier c’est qu’ils ont peu de points, donc mon partenaire est fort.

      Quant aux appréciations concernant les arbitres, permettez-moi de ne pas être d’accord avec des généralités.

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